Mar 152008
 

Les protestations anti-guerre de la Journée d’action pour la paix du 15 mars expriment la volonté de la majorité du Canada ainsi que notre solidarité avec la majorité de la population mondiale qui veut la paix et avec la majorité du peuple des États-Unis, qui mène actuellement une lutte historique pour bloquer la machine de guerre de Bush.

Les occupations impérialistes de l’Afghanistan et de l’Irak, dirigées par les États-Unis, constituent un tournant pour l’humanité, une question mondiale cruciale. Mettre fin à ces horribles guerres ouvrira de nouvelles perspectives, une autre voie vers la résolution des problèmes de réchauffement de la planète, de faim et de pauvreté.

Bush (et Stephen Harper) représentent l’autre voie, celle de la guerre permanente et de l’occupation de l’Irak, de l’Afghanistan et de l’Iran, de la torture, des extraditions, des restrictions aux libertés civiles, de l’espionnage, de l’utilisation de la peur raciale, de la militarisation de l’espace et d’autres méthodes visant à encourager de plus grandes dépenses militaires.

Le peuple canadien veut des solutions réalistes à l’aggravation de la catastrophe économique et écologique. Il doit assumer la tâche historique de bloquer les conservateurs de Harper, qui nous entraînent vers la guerre et la réaction. Nous devons renforcer l’unité du mouvement anti-guerre et préparer une campagne d’action, qui devra se poursuivre jusqu’à ce que Harper soit bloqué ou défait.

Le mouvement syndical, les nations autochtones, les femmes, les jeunes, les étudiants et les personnes de toutes les confessions doivent travailler ensemble contre l’agenda de Harper.

Le principal et puissant centre du grand capital canadien, Bay Street, veut éviter des élections et aider le camp de Bush. Ces richards, qui marchent au pas de l’oie, aimeraient amadouer tous les partis de l’opposition au Parlement pour qu’ils prolongent le mandat du gouvernement minoritaire de Harper et collaborent avec ce dernier.

En bloquant l’élection d’un gouvernement majoritaire Harper, les électeurs mettraient fin aux politiques criminelles qui détruisent les droits des Autochtones, l’égalité des femmes, l’environnement, la paix dans le monde, les droits civils, les emplois manufacturiers, les soins de santé publique, la Commission canadienne du blé et la souveraineté du Canada.

Toutes les nations du Canada ont intérêt à bloquer Harper. Il est également crucial de défaire les conservateurs avant les présidentielles des États-Unis de novembre car une majorité favorable à la paix au Canada changerait profondément la situation là-bas. Les mouvements démocratiques doivent donc, de toute urgence, développer l’unité et l’action.

Le militarisme entraîne le fascisme

Le général en chef du Canada, Rick Hillier, a prétendu que les débats sur l’occupation ont encouragé les attaques contre l’armée canadienne. Il essaie ainsi d’intimider les parlementaires pour obtenir un appui unanime à la mission militaire agressive de l’OTAN. Mais le Parlement ne doit jamais recevoir des ordres de l’armée. Les haut gradés ne sont pas censés faire taire les débats au Canada.

Hillier devrait être renvoyé et non encouragé comme le fait Harper pour renforcer les pressions en faveur de la guerre. Le militarisme est une menace pour la démocratie, une arme servant à effrayer les gens et à les forcer à appuyer des causes réactionnaires et une idéologie fasciste.

Harper et d’autres va-t-en-guerre des gouvernements régionaux et provinciaux mènent une puissante campagne pour glorifier l’armée en Afghanistan. Ils orientent leur propagande vers les enfants, encouragent ces derniers à signer des rubans jaunes, organisent des parades militaires, paient des centres de recherche politique et des professeurs serviles pour qu’ils écrivent des articles favorables à la guerre dans les grands médias commerciaux.

Tous les groupes qui aspirent à la démocratie doivent dénoncer la propagande dangereuse du gouvernement Harper et la croissance insidieuse du militarisme.

Sortir du bourbier afghan

Comme il fallait s’y attendre, la Commission Manley sur le rôle du Canada en Afghanistan ne cherche pas à sortir de ce bourbier. Elle a répété, dans son rapport, les justifications impérialistes de l’occupation, entre autre que le Canada apporte démocratie et égalité au peuple afghan. Ce mensonge malhonnête et chauvin ne change en rien le fait que l’occupation de l’Afghanistan, dirigée par les Etats-Unis, est un acte illégal et peu judicieux de représailles barbares aux attentats terroristes de New York en 2001.

La Commission Manley, triés sur le volet par Harper, a évité de mentionner des vérités gênantes, entre autres que le gouvernement Karzaï ne contrôle que 30% du territoire afghan, que ce régime fantoche est constitué de criminels de guerre et de barons de la drogue, que les femmes avaient beaucoup plus de droits et étaient plus respectées sous le gouvernement socialiste renversé en 1993 par les sbires de l’impérialisme états-unien. La vérité est que la résistance afghane pourrait bientôt forcer les États-Unis à se retirer de façon humiliante, peut-être avant la fin de l’extension maintenant les forces canadiennes à Kandahar jusqu’en 2011.

Tergiversations au Parlement

L’an dernier, le NPD a tragiquement voté avec les conservateurs pour défaire la proposition des libéraux, qui aurait mis fin au rôle militaire du Canada à Kandahar en février 2009. Le NPD a appuyé l’agenda belliciste de Harper et exonéré les libéraux de cet engagement. Ces derniers ont donc pu établir un accord avec Harper permettant de prolonger la mission jusqu’en 2011.

De telles tergiversations au Parlement montrent que les mouvements démocratiques doivent exercer encore plus de pression pour obtenir le retrait immédiat des troupes canadiennes. La campagne de relations publiques des conservateurs n’est pas en train de gagner la bataille de propagande car la majorité des Canadiennes/iens veut toujours le retrait des troupes.

La « guerre au terrorisme » que mène Bush au niveau mondial est la poursuite des ambitions de l’impérialisme par des moyens violents : le pillage des ressources et la re-division des marchés pour assurer la domination du capital financier à travers le monde. Mais loin d’être invincible, l’alliance militaire de l’OTAN est très divisée, et Bush se bat pour conserver les appuis. Vaincre Harper permettrait de diviser davantage l’OTAN et d’isoler la plupart des membres bellicistes de l’alliance.

Nous pouvons mettre fin à cette guerre raciste. L’impérialisme peut être bloqué. Le peuple canadien doit se joindre à la majorité des peuples du monde opposés à la guerre et contribuer en battant Harper!