Déc 162012
 

gabriel-nadeau-dubois-300x200Réuni le 16 décembre 2012, le Comité central du Parti communiste du Canada a fermement condamné  la déclaration de culpabilité et la condamnation prononcée par le juge Jacques Denis de la Cour supérieure du Québec, contre le leader étudiant , pour une accusation d’outrage au tribunal.

Nadeau-Dubois est l’ancien co-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante – la CLASSE -, principale coalition syndicale étudiante derrière la grève étudiante au Québec en  2012, déclenchée pour défendre le droit à une éducation accessible.

Au cours de cette lutte magnifique et historique, qui a vu plus de 300.000 étudiantes et étudiants sortir de leurs classes et également se mobiliser dans de grandes manifestations dans la rue, le gouvernement du Québec a tenté de briser la résistance en niant aux étudiantes et aux étudiants leur droit établi depuis longtemps, d’organiser de manière autonome et démocratique, à travers des assemblées générales, des votes de grève et des lignes de piquetage. Au lieu de cela, l’ancien gouvernement libéral de Jean Charest a encouragé et directement facilité le recours à des injonctions anti-démocratiques, campus par campus, par la minorité d’étudiantes et d’étudiants opposés à la grève.

L’accusation d’outrage au tribunal a été portée dans ce contexte. Le 13 mai 2012, Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré dans une interview à Radio-Canada : « Je crois qu’il est tout à fait légitime pour les étudiants de prendre les moyens de respecter le choix démocratique qui a été fait d’aller en grève. C’est tout à fait regrettable qu’il y ait une minorité d’étudiants et d’étudiantes qui utilisent les tribunaux pour contourner la décision collective qui a été prise. Nous, on trouve ça tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève. Et si ça prend des lignes de piquetage, on croit que c’est un moyen tout à fait légitime de le faire. »

Par conséquent, il a donc été condamné pour avoir exprimé une opinion politique.

Il a été révélé que le juge Jacques Denis est un donateur du parti libéral de l’ancien gouvernement Charest. Ce n’est pas par hasard s’il a expressément appuyé sa décision sur une jurisprudence anti-démocratique qui attaquait les droits des travailleuses et des travailleurs, et ceux des syndicats : celle où la Cour en 1972 a tenté de briser la grève générale de dix jours du Front commun des syndicats du Québec au moyen d’injonctions et en emprisonnant les présidents des syndicats.

Le Parti communiste du Canada dénonce fortement la condamnation de Nadeau-Dubois et la considère comme une grave atteinte à la liberté d’expression, aux libertés civiles, ainsi qu’aux droits démocratiques des travailleuses et des travailleurs et des étudiantes et des étudiants. Cette condamnation est une poursuite des politiques répressives et anti-démocratiques du précédent gouvernement libéral de Jean Charest, qui visaient à criminaliser le droit à la liberté d’expression et de réunion. On doit aussi la considérer comme partie intégrante des attaques sérieuses qui s’additionnent contre le droit de protester à travers l’ensemble du pays.
La décision a également attiré l’attention sur les centaines d’étudiantes et d’étudiants qui font toujours face à des accusations dans le cadre de la grève étudiante de l’automne dernier au Québec. Le fait que Nadeau-Dubois ait rapidement reçu une grande quantité de dons pour porter en appel le jugement en janvier prochain est une indication du solide appui que son cas reçoit du peuple québécois. Nous appelons à ce que cette condamnation soit annulée et que le système judiciaire du Québec abandonne toutes les charges contre les grévistes étudiants. Nous réaffirmons également notre soutien à ce que soient gelés, réduits et éliminés tous les frais de scolarité, à ce que les prêts étudiants soient remplacés par des bourses qui permettent de vivre, et pour un système d’éducation libre, de qualité, public, sans but lucratif et accessible, de la naissance jusqu’à la fin de la vie.