Août 312013
 

Ne touchez pas à la Syrie !Les « tambours de guerre » battent de plus en plus fort au Moyen-Orient. Depuis plus de deux ans et demi, le conflit dévastateur en Syrie a fait plus de 100.000 morts, déplacé des millions de civils de leurs foyers et de leurs communautés, et contribué à accroître la violence sectaire au Liban, en Irak et dans d’autres pays voisins. Maintenant, la guerre se retrouve devant une escalade plus dangereuse.

Les États-Unis et certains de ses alliés de l’OTAN , avec l’Arabie saoudite et d’autres États réactionnaire du Golfe, se préparent à lancer une attaque coordonnée en réponse à l’ utilisation présumée d’armes chimiques par le gouvernement syrien contre ses propres citoyens dans Ghouta orientale , une banlieue de Damas, le 21 Août .

Pourtant, aucune preuve crédible ou vérifiable n’a été fournie pour confirmer cette affirmation douteuse. Il est bien plus probable qu’il s’agisse encore d’une opération classique ” sous fausse bannière “, et que les forces rebelles syriennes et les mercenaires – sans doute avec de l’aide de l’extérieur et des quartiers généraux impérialistes – soient responsables de cet acte horrible afin de fournir un prétexte à l’intervention étrangère par les puissances impérialistes pour éviter une défaite des rebelles.

Le déclenchement d’une pareille agression unilatérale de la part des États-Unis, en l’absence de toute preuve tangible de l’implication du gouvernement syrien dans l’attaque chimique et sans aucun mandat de l’ONU, serait immoral, irresponsable, et une violation flagrante du droit international.

Une attaque militaire contre la Syrie aurait des conséquences désastreuses, menaçant de tuer davantage de civils et de détruire les infrastructures du pays. Elle attiserait encore plus les tensions au Moyen-Orient et pourrait embraser toute la région dans le feu de la guerre.

Pour toutes ces raisons, il est essentiel que toutes les personnes de bonne conscience s’expriment maintenant pour demander au gouvernement du Canada de s’opposer à la guerre contre la Syrie. Le Parti communiste du Canada condamne ces préparatifs de guerre et la propagande pro-guerre qui cherche à justifier une telle attaque sur la Syrie.

Contexte du conflit syrien

Les protestations contre le gouvernement Al-Assad en Syrie ont commencé au début de 2011 en opposition aux «réformes» néolibérales qui avaient augmenté le chômage et accru les écarts sociaux et économiques. Mais les voix de l’opposition légitime ont été rapidement été cooptées ou mises de côté par des bandes financées et armées par l’étranger, déterminées à rendre la Syrie ingouvernable. Attentats terroristes pour provoquer plus de mesures de répression du gouvernement, violence sectaire pour inciter à la méfiance et à l’hostilité entre la majorité sunnite et les minorités chiites, alaouites et autres, contrebande d’armes lourdes et même recours à des mercenaires venus de l’étranger, et les appels à l’intervention étrangère directe, en violation de la souveraineté nationale de la Syrie – sont les éléments du plan orchestrée et mené par l’«opposition intérieure».

L’ampleur de l’intervention étrangère secrète dans le conflit prouve que ce n’est pas une «guerre civile », mais plutôt une conspiration impérialiste hautement coordonnée contre la Syrie.

Mais le soutien populaire pour les forces rebelles a disparu depuis. Des sections importantes de l’ancienne opposition, déçues par la violence sectaire et les atrocités brutales commises par les forces rebelles, appuient maintenant le gouvernement syrien et défendent la souveraineté nationale de la Syrie menacée par cette conspiration orchestrée. Sur le « front », les forces armées syriennes ont fait d’importants progrès contre les rebelles ces derniers mois, ce qui conduit de nombreux observateurs à prédire l’effondrement imminent de la rébellion armée. C’est la vraie raison pour laquelle les puissances impérialistes – sous le nom de code « Amis de la Syrie » – sont en train de passer à une intervention directe dans le conflit.

Hypocrisie à l’état brut

Le « dégoût » du président américain Obama pour l’utilisation présumée d’armes chimiques par la Syrie est tout à fait hypocrite, étant donné que l’impérialisme américain lui-même a été le principal contrevenant des conventions internationales interdisant l’utilisation d’armes chimiques et autres armes de destruction massive (ADM). En plus de son utilisation des armes nucléaires contre les populations civiles d’Hiroshima et de Nagasaki au Japon pendant la seconde guerre mondiale, il y a des preuves tangibles de son utilisation d’armes biologiques durant la guerre de Corée(1), de son utilisation généralisée de napalm et autres agents chimiques durant la guerre du Vietnam, et de son utilisation de phosphore blanc et d’armes à l’uranium appauvri en Irak.

Il a également fermé les yeux lorsque Saddam Hussein a utilisé des armes chimiques en 1988 durant le conflit Iran-Irak, car il était anxieux d’affaiblir et de vaincre le régime iranien pour ses propres intérêts impérialistes. L’utilisation d’armes chimiques ou autres armes de destruction massive est un crime de guerre odieux.

Les véritables objectifs de l’agression américaine contre la Syrie

La menace d’attaque contre la Syrie fait partie d’une stratégie impérialiste plus large qui vise à écraser (et peut-être démembrer) l’État syrien. L’objectif ultime est de parvenir à un « Nouveau Moyen-Orient » d’états arabes faibles et complaisants sous la domination des puissances impérialistes américaines et européennes, et leur gendarme local, l’État d’Israël. Cela garantirait un accès sans entraves aux ressources pétrolières et minières ainsi qu’aux autres ressources naturelles de la région, et permettrait d’étendre l’hégémonie géopolitique impérialiste dans le «bas-ventre » de l’Asie, encerclant davantage la Fédération de Russie et la Chine.

Miner l’État syrien est essentiel à la réalisation de cette ambition impérialiste. Grâce à son emplacement central au Moyen-Orient, son caractère laïque, et sa ferme solidarité avec la juste lutte du peuple palestinien et son opposition à la politique expansionniste de l’État sioniste d’Israël, la Syrie est depuis longtemps dans le collimateur de l’impérialisme américain. Pour leurs propres raisons, les régimes arabes réactionnaires – en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar – ainsi que la Turquie sont également soucieux d’affaiblir et d’écraser la Syrie.

Un «changement de régime» à Damas et son remplacement par un régime plus complaisant et pro-impérialiste risquerait d’aggraver les souffrances du peuple syrien. Il modifierait également radicalement l’équilibre régional des forces, affaiblissant les forces anti-impérialistes, et servirait de prélude et de rampe de lancement pour une agression de l’OTAN/Israël contre l’Iran voisin.

Opposition croissante à travers le monde

Malgré la campagne hystérique de l’impérialisme pour obtenir un soutien international pour cette agression imminente, « la coalition des volontaires » de Washington s’effrite rapidement. Le Secrétaire général Ban Ki -moon s’est prononcé contre toute agression étrangère et a appelé toutes les parties à «donner une chance à la paix», et pour un retour à la table des négociations à Genève afin de parvenir à un règlement politique du conflit. La Russie, la Chine et la plupart des pays en développement ont condamné l’appel à attaquer la Syrie. Même le Parlement britannique a voté contre une participation britannique à une telle attaque.

Au Canada, toutes les organisations concernées – syndicats, les groupes pacifistes et de solidarité, et d’autres organisations démocratiques de masse – ainsi que des individus de bonne conscience et épris de paix, doivent s’exprimer rapidement et demander au gouvernement Harper de reconsidérer son soutien à une telle agression. Dans les prochains jours, le Parti communiste du Canada appelle toutes et tous à soutenir et participer le plus largement à la campagne anti- guerre qui se développe à travers le pays pour conjurer la catastrophe imminente !

Publié par le Comité exécutif central,
Parti communiste du Canada
30 août 2013


1 – Endicott, Stephen and Hagerman, Edward, United States Biological Warfare during the Korean War: rhetoric and reality.