Avr 272016
 

Le 1er mai 2016 survient dans un environnement où l’impérialisme stagnant cherche à prolonger son existence par la guerre, le nationalisme, le militarisme, le fondamentalisme religieux et le racisme, pour poursuivre son exploitation de la planète et de ses peuples. Les rivalités inter-impérialistes pour la domination du monde aggravent les dangers de guerre et de destruction écologique, au point où la survie de notre espèce est une question concrète et immédiate. L’alternative socialiste, d’abord réalisée dans un État par la victoire de la grande révolution prolétarienne de 1917, n’est plus une question de choix, mais l’essence de la lutte pour l’existence. Les États socialistes qui existent, ou là où se développent des formes de transition vers le socialisme, sont annonciateurs de l’avenir, les ingrédients du salut. Ce sont les paramètres de la lutte mondiale pour la vie, pour la continuité de notre espèce. Au Canada, notre lutte contre un programme d’extrême droite a récemment donné lieu à une défaite électorale des Conservateurs d’Harper. Les Libéraux, un parti capitaliste de droite, ont pu bénéficier de la colère populaire en faisant campagne à gauche contre les Conservateurs qui s’étaient positionnés en tant que le parti d’extrême droite de la guerre, de la destruction de l’environnement, des politiques anti-ouvrières, de l’espionnage de la police, et du sectarisme. Le NPD a aidé les Libéraux en se déplaçant vers la droite et s’aliénant beaucoup d’électrices-eurs qui voulaient du changement.

Qu’est ce qui motive cette volonté de changement? En dépit des rapports presque quotidiens de la création d’emplois, le taux de chômage officiel est à près de 8%. Quatre-vingt pour cent des emplois créés sont à temps partiel et précaires, et le cinquième de l’ensemble des travailleuses-eurs sont dans des emplois précaires temporaires. Soixante pour cent des chômeuses-eurs ne sont pas admissibles aux prestations d’assurance-emploi qu’ils ont payées, et les femmes gagnent encore environ 30% de moins que les hommes. Pour les travailleuses-eurs, la possibilité d’éducation post-secondaire pour leurs enfants est en train de disparaître. Les salaires ont stagné depuis les années 1970, la tarification est en expansion, et les normes du travail sont largement inappliquées. Sur les 100 communautés les plus pauvres du Canada, 96 sont autochtones. Le désespoir, la faim, l’isolement social et l’inhumanité qui sont actuellement exposés à Attawapiskat ont fait partie de l’existence quotidienne de la majorité des populations autochtones depuis la colonisation. Est-il étonnant que, pour certaines et certains, le suicide semble préférable à être contraint à une vie sans espoir?

Des sections de la classe dirigeante se sont convaincues qu’elles devaient modérer la répression, en raison de leur peur de voir se développer la radicalisation, surtout à gauche, au fur et à mesure que grandit le mécontentement. La baisse du niveau de vie, le racisme institutionnalisé, l’homophobie, la répression de l’État, l’extraction destructrice des ressources sur les territoires autochtones, et une dégradation générale de la démocratie, alimentent le mécontentement et la résistance politique. Ces sections de la classe dirigeante cherchent à contrer et à neutraliser ce mécontentement à travers le nouveau programme libéral, pour créer une nouvelle hégémonie en répondant au désir de changement, du moins en paroles. Elles offrent quelques concessions pour tenter de gagner la coopération des mouvements syndicaux et de justice sociale en faveur de leurs accords commerciaux comme le PTP et l’AECG, pour leurs ventes d’armes, en faveur de leur agenda militaire en conformité avec l’OTAN, et leur soutien secret pour les crimes des sociétés minières canadiennes commis à l’étranger. Cette situation est dangereuse, car elle pourrait entraîner le mouvement ouvrier dans sa propre chute en tant qu’agent du programme de la bourgeoisie.

Cette volonté de conquérir une nouvelle hégémonie explique les actions du gouvernement libéral telles que nommer plus de femmes au Cabinet fédéral, tenir une enquête sur les milliers de femmes autochtones disparues et assassinées, et engager des négociations de nation à nation. Il y a aussi la promesse d’investissements massifs dans des projets d’infrastructures pour créer des emplois, le retrait de certaines lois anti-syndicales au niveau fédéral, et un assouplissement général des tactiques de répression. Ces décisions sont motivées par la campagne et la pression du public, et en tant que telles, elles devraient être considérées comme des victoires et non des cadeaux. Mais gardez à l’esprit que l’engagement de négocier n’est pas un engagement à résoudre, et la reconnaissance de situation n’est pas un engagement à la corriger. Le poing d’acier de l’État bourgeois peut être couvert d’un gant de velours, mais il est toujours là.

Afin de consolider les gains, les mouvements syndicaux et populaires doivent prendre note de l’exemple du mouvement ouvrier au Québec et déplacer la lutte vers les lieux de travail et dans la rue. Le Front commun du Québec et ses alliés avaient gagné le soutien de la majorité de la population, et faisaient pression sur le gouvernement libéral Couillard avec des protestations massives. Une mobilisation du même ordre est nécessaire partout au Canada, organisée dans une alliance démocratique en front commun des mouvements de justice sociale et autochtones, avec le mouvement ouvrier comme catalyseur. Ces mobilisations permettraient à la classe ouvrière et à ses alliés d’aller au-delà des limites de la social-démocratie et de construire des mouvements de masse pour un changement réel. L’exemple donné par les travailleuses-eurs et les mouvements nationaux démocratiques en Amérique latine, bien qu’attaqués par l’impérialisme, montrent comment les masses populaires unies peuvent résister et faire des gains. Partout dans le monde, en Europe, en Afrique et en Asie, des millions de personnes résistent.

Les travailleuses-eurs canadiens, et celles et ceux autour de la classe ouvrière (toutes celles et ceux qui ne possèdent pas de richesse et n’exploitent les autres pour leur existence), leurs organisations démocratiques et sociales, leurs syndicats, leurs mouvements de justice sociale et autochtones, les organisations de femmes, d’étudiantes et d’étudiants, et LGBTIQ, doivent se tourner vers la création de coalitions et lutter pour créer un front commun. Les mouvements populaires vont gagner en substance et en direction une fois saisis de la possibilité d’une alternative réelle, réalisable et nécessaire. L’objectif ultime de cette alternative est le socialisme, dédié aux besoins de la population et façonné selon les intérêts de classe qui le crée. Un parti du socialisme est également nécessaire, et c’est le Parti communiste du Canada. Le PCC est dédié à travailler avec toutes les personnes et tous les mouvements qui veulent se battre pour des réformes et construire la riposte, nous menant toujours plus près de l’émancipation complète.

En cette journée du 1er mai, nous honorons les luttes de la classe ouvrière de tous les pays, et nous nous engageons pour un avenir socialiste d’émancipation, de paix, de prospérité et de justice environnementale.