Août 062016
 

13561959_1801718076729698_525725140_nLe massacre d’Orlando au club de nuit Pulse gay montre clairement que la lutte pour les droits des personnes LGBT (1) est loin d’être terminée. Dans la communauté queer, un bar gai est souvent le seul endroit où les personnes queer se sentent en sécurité et capables d’être elles et eux-mêmes. La Fierté marque l’anniversaire d’une émeute -Stonewall- survenue dans le contexte de la résistance pour défendre les bars gais des attaques de la police. Les marches et les évènements autour de la Fierté sont devenus un mouvement mondial pour faire valoir les droits humains. La signification politique de la Fierté ne doit pas être oubliée.

Les coups de feu d’Orlando, dont les victimes furent principalement des membres de la communauté LGBT latinos et noirs, doivent être vus dans le contexte de la réaction brutale bien organisée des groupes d’extrême-droite, en particulier fondamentalistes chrétiens, contre les gains réalisés par le mouvement queer. Aux États-Unis, des lois réactionnaires ont été adoptées pour abolir les droits civils que les personnes LGBT avaient gagnés, et en particulier pour s’attaquer aux droits des personnes transgenres.

Présenter le massacre d’Orlando comme une autre tragédie provoquée par le problème de l’«extrémisme islamique», cache le fait que l’Amérique du Nord a une longue histoire de fusillades de masse et d’actes terroristes commis par celles et ceux qui grandissent dans une culture raciste, patriarcale, homophobe et transphobe qui engendre ces actes de violence extrême, lesquels sont le plus souvent commis par des non-musulmans. Les grands médias bourgeois cherchent à utiliser ce crime de haine homophobe pour alimenter la « guerre au terrorisme » qui a déjà coûté entre 1et 2 millions de vies, et ils échouent également à se pencher sérieusement sur les causes profondes de l’homophobie et de la transphobie ici au pays.

S’opposer à l’homophobie et s’opposer à l’islamophobie fait partie de la même lutte. Aujourd’hui, la classe dominante invoque la crise économique, la «menace du groupe État islamique », et l’anticommunisme pour justifier ses attaques contre les droits des travailleuses et des travailleurs et contre l’égalité sociale. Parmi les idéologies les plus toxiques se retrouvent l’homophobie et la transphobie. Tout comme le racisme, le sexisme et le chauvinisme national, celles-ci sont destinées à diviser pour affaiblir la résistance aux politiques des grandes compagnies pour les «accords commerciaux», pour l’extraction et l’exportation de matières premières, et pour le militarisme.

L’homophobie et la transphobie cherchent à maintenir le modèle de la famille patriarcale hétérosexuelle, laquelle est nécessaire au capitalisme pour contrôler et maintenir la division sexuelle du travail afin d’augmenter le taux des profits. Le Parti communiste du Canada rejette tout argument qui vise à restreindre la définition juridique de la famille à celle fondée sur les relations parentales biologiques homme-femme.

L’impérialisme américain et canadien soutiennent les forces de droite qui veulent renverser les gains réalisés par les gouvernements progressistes en Amérique latine – souvent à l’avant-garde dans la lutte mondiale pour les droits des personnes queer.

Le premier ministre Trudeau se dit féministe et pro-LGBT bien que son gouvernement, aux côtés des États-Unis, soit en train de déstabiliser le Moyen-Orient, et les États arabes laïques, comme la Syrie en particulier, en soutenant et en armant des forces réactionnaires et homophobes comme le régime saoudien et certaines des milices anti-gouvernementales en Syrie.

La défaite des Conservateurs fédéraux l’an dernier, a été une victoire pour le mouvement LGBT, et peut enfin garantir des droits humains et juridiques pour les personnes transgenres et de genre variant au Canada – après une décennie du blocage conservateur d’une telle législation.

Le projet de loi C-16 mettrait à jour la Charte canadienne des droits et le Code criminel pour y inclure les termes d’ « identité de genre » et d’«expression de genre ». Si elle est adoptée, la loi rendrait illégale la discrimination sur la base de l’identité ou de l’expression de genre. Cela s’étendrait aussi aux lois contre les discours haineux pour y inclure les deux termes. Les lois pénales seraient également mises à jour pour en faire un crime haineux lorsque quelqu’un est ciblé en raison de son identité ou de l’expression de genre, ce qui signifie que les juges auraient à le considérer comme un facteur aggravant afin de décider de la peine à imposer.

Il y a encore beaucoup de travail à faire sur ce front, puisque le Sénat dominé par les Conservateurs réactionnaires pourrait encore bloquer la législation. Avec l’adoption récente du projet de loi de Québec Solidaire sur les droits des personnes transgenres, et la promesse d’une nouvelle législation par les Libéraux de Couillard, Québec a rejoint les autres provinces et territoires du Canada anglais en passant certaines protections attendues depuis longtemps pour les personnes transgenres.

Le nouveau gouvernement fédéral libéral, en dépit de son programme social plus progressiste, poursuit des politiques pro-compagnies avec des coupes d’austérité et des attaques contre le mouvement ouvrier, contre les droits civils et démocratiques, telles que les lois sur la sécurité d’État (projet de loi C-51) introduites par les précédents gouvernements libéraux et conservateurs. Le parti libéral est un parti voué aux grandes entreprises et poursuit des politiques (telles que le Partenariat transpacifique) qui ont un impact négatif sur les personnes LGBT, les femmes, les Autochtones et les groupes racisés, et qui réduisent les gains en matière d’égalité. Les gouvernements provinciaux – presque sans exception – continuent d’appliquer leurs programmes d’austérité. Les membres les plus marginalisés de la communauté LGBT, y compris les personnes transgenres, bispirituelles, queers racisées et jeunes, sont parmi les plus durement touchées par les compressions dans les programmes sociaux.

Nous croyons qu’« une attaque contre un est une attaque contre tous ». L’adoption de protections juridiques et politiques pleines et entières à l’égard de l’orientation sexuelle, l’expression et l’identité de genre, le respect de la diversité corporelle des personnes intersexuées, est urgente pour renforcer l’unité de la classe ouvrière.

Cette unité est un élément essentiel pour le mouvement ouvrier, le mouvement démocratique et social large, pour pouvoir faire passer les besoins du peuple avant la cupidité des entreprises, l’austérité et la guerre. Notre communauté LGBT doit être un acteur-clé dans un effort pour construire une «Coalition populaire» des syndicats, des peuples autochtones, des jeunes, des étudiantes et des étudiants, des femmes, des personnes âgées, des agriculteurs, des communautés immigrantes et racisées, des écologistes, des militantes et militants pour la paix et des nombreux autres alliés.

La résistance de masse dans nos communautés et dans nos lieux de travail, tant dans les rues et que dans la boîte de scrutin, peut vaincre les partis des grosses compagnies et ouvrir la porte à un gouvernement pour le peuple et non pour les profits. Le but du Parti communiste est de gagner un véritable pouvoir populaire dans un Canada socialiste, où notre économie et nos ressources seront détenues socialement et démocratiquement contrôlées.

Cette avancée historique permettra d’éradiquer les formes entremêlées d’exploitation et d’oppression qui menacent notre monde d’aujourd’hui. Nous vous invitons à rejoindre le Parti communiste et la Ligue de la jeunesse communiste pour parvenir à une société libérée dans laquelle, comme le disait Karl Marx, « la liberté de chacun est la condition de la liberté de tous. »

Le Parti communiste et la Ligue de la jeunesse communiste demandent :

• De renforcer et d’appliquer la législation contre les crimes haineux, et de s’opposer à toutes les formes de transphobie, d’homophobie, de sexisme, d’islamophobie, de racisme, et de xénophobie;

• De renforcer la solidarité avec les personnes transgenres en Caroline du Nord et ailleurs en Amérique du Nord contre une nouvelle loi transphobe;

• De lutter pour étendre les droits des personnes transgenres, y compris une protection explicite contre la discrimination sur la base de l’identité et l’expression de genre, dans toutes les lois provinciales et territoriales ainsi que dans les chartes des droits de la personne;

• De rendre illégales dans toutes les provinces les « thérapies de conversion », pratiques pseudo-psychiatriques ou religieuses, qui tentent de changer l’identité de genre ou l’orientation sexuelle d’une personne.

• D’élargir les droits des jeunes LGBT: mettre fin aux deux niveaux d’âge des lois sur le consentement pour les jeunes queer et protéger les mineur(e)s intersexués de chirurgie non-consensuelle, respectant la diversité corporelle;

• De mettre fin à l’interdiction homophobe et non scientifique du don de sang pour les hommes gais;

• D’augmenter les services sociaux et l’aide au logement pour répondre aux besoins au 25-40% des jeunes sans-abri qui s’identifient comme LGBT;

• De mettre fin aux politiques fédérales et provinciales d’austérité, et celles des grandes entreprises favorisant les emplois précaires à temps partiel, qui affectent de manière disproportionnée les personnes LGBT qui sont parmi les plus durement touchées par les compressions dans les programmes sociaux.

• De cesser le soutien impérialiste des forces réactionnaires dans le monde entier. Non au coup d’État au Brésil et aux interventions au Venezuela. Retrait des troupes canadiennes d’Irak et fin de la fourniture d’armes à l’Arabie Saoudite par le Canada.

 

(1) Au Canada anglais, on utilise l’acronyme «LGBTQ2SI» et le terme «Queer», qui font référence aux personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, genre variant, bispirituelles, queer, en questionnement, intersexualité et autres.)