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Chapitre 5 – La lutte de la classe ouvrière et du peuple

 


 

La lutte du peuple canadien pour la démocratie, la paix et le progrès social est essentiellement une lutte politique contre les grandes entreprises et leur emprise sur l’État canadien. Les intérêts de la grande majorité de la population au Canada est en conflit avec les politiques antidémocratiques et néolibérales des transnationales et des banques.

De par l’importance de son nombre et de son rôle stratégique dans la production de marchandises et de services, la classe ouvrière constitue le leader naturel de toutes les forces démocratiques et progressistes. Compte tenu des exigences de la production moderne, la classe ouvrière doit s’organiser et devenir une force unie, toujours croissante afin de riposter aux attaques. Les travailleurs et les travailleuses ne possèdent aucun moyen de production. Leurs intérêts de classe sont diamétralement opposés au capital financier en raison de leur position dans l’économie.

Mais la classe ouvrière a besoin d’alliés pour mener la lutte et vaincre le pouvoir immense et ramifié du capital financier. Par conséquent, le mouvement syndical, qui est le contingent organisé de la classe ouvrière, doit développer l’unité avec d’autres secteurs et d’autres mouvements populaires, aux prises avec la domination du capital financier, et qui ont objectivement intérêt à s’engager dans une nouvelle voie démocratique pour le Canada. Pour que la lutte contre le capital financier soit efficace et victorieuse, elle doit avoir comme noyau la classe ouvrière, sa force motrice et dirigeante.

Le Parti communiste travaille activement au développement d’une alliance démocratique populaire, anti-monopoliste et anti-impérialiste, unissant les mouvements de travailleurs et de travailleuses et les autres mouvements démocratiques et qui serait dirigée par la classe ouvrière. Une telle alliance peut obtenir l’appui de larges secteurs de la population. Un des objectifs de cette alliance serait de faire la promotion de politiques différentes, opposées au pouvoir monopoliste, comprenant entre autres la propriété publique, le contrôle de secteurs industriels et des ressources naturelles vitales, la création d’emplois, l’amélioration des normes de vie et des conditions sociales, la protection de l’environnement et la défense des libertés démocratiques.

 

L’unité de la classe ouvrière

Le rôle dirigeant de la classe ouvrière est un facteur indispensable pour l’action unitaire et efficace du peuple contre le capital monopoliste. L’unité de la classe ouvrière est, en même temps, essentielle pour qu’elle soit capable de jouer son rôle dirigeant.

Pour avancer, le mouvement ouvrier ne peut se limiter à la lutte économique. Il doit s’opposer et vaincre le pouvoir politique de la classe dirigeante capitaliste. Pour y parvenir, il est nécessaire que la classe ouvrière ait son propre parti. Le Parti communiste lutte pour être ce parti politique qui dirigera la classe ouvrière.

Un mouvement syndical puissant et uni est vital pour la défense et le progrès de la classe ouvrière dans son ensemble. Les travailleurs et les travailleuses ont construit leurs propres syndicats et organisations de masse pour se protéger et étendre leurs intérêts économiques en tant que salariés. Les syndicats sont les organisations de base de la classe ouvrière pour la lutte de classe. Les gains réalisés par le mouvement syndical servent les intérêts de tous / toutes, qu’ils soient syndiqués/ées ou non. Les gains sociaux et économiques obtenus par les syndicats aident à élever le niveau de vie et les conditions sociales de toute la classe ouvrière. C’est pour cela que le capital financier mène une campagne idéologique systématique pour dresser les travailleurs et les travailleuses contre le mouvement syndical.

La lutte entre la classe ouvrière et le capital s’est exacerbée. La classe capitaliste et son État ont déclenché une offensive sur tous les fronts pour affaiblir et détruire le mouvement syndical. Ces attaques reflètent une volonté ferme du capital dans sa campagne pour abaisser les salaires et les conditions de vie. En se servant de l’augmentation massive du chômage et en utilisant l’intervention directe de l’État, le capital monopoliste essaie de réduire le pouvoir de négociation de la classe ouvrière et d’obtenir de celle-ci le plus de concessions possibles. La résistance contre les concessions et pour l’extension des domaines couverts par la convention collective fait partie intégrante de la lutte contre le capital financier.

La tâche la plus urgente du mouvement syndical consiste à rassembler ses membres autour des politiques de lutte de classe et d’actions militantes pour contrecarrer l’offensive des entreprises, obtenir une transformation démocratique et anti-monopoliste de la société et modifier l’équilibre des forces en faveur de la classe ouvrière et de ses alliés.

 

Un mouvement syndical autonome, uni et indépendant

Pour combattre le pouvoir des grandes entreprises et des transnationales, le mouvement syndical doit devenir autonome, uni et indépendant, et atteindre le niveau le plus élevé possible de coordination en matière de stratégies et d’actions. Il doit adopter le principe “Une attaque contre un est une attaque contre tous”, considérer en tout temps les intérêts du mouvement dans son ensemble au-dessus des intérêts sectoriels ou particuliers de ses membres. Le mouvement syndical doit s’opposer au maraudage syndical et résoudre les conflits de juridiction dans l’intérêt de la classe ouvrière et du mouvement dans son ensemble.

Face à la restructuration capitaliste, le monde du travail et les syndicats doivent exiger un plus grand contrôle sur l’introduction de changements technologiques, le déménagement ou la fermeture d’usines, la durée du temps de travail, les politiques d’investissement des entreprises, le recyclage professionnel, la santé et la sécurité au travail et l’équité salariale. Pour obtenir une plus grande part des avantages engendrés par la nouvelle technologie, la classe ouvrière doit lutter pour réduire le nombre de jours de travail par semaine sans perte de salaire. Elle doit également s’opposer à la privatisation et, au contraire, lutter pour l’expansion du secteur public. Ces revendications s’attaquent au pouvoir des entreprises sur les lieux de travail.

Le mouvement syndical doit défendre les intérêts de tous les travailleurs et travailleuses, autant les syndiqués que les non-syndiqués. Il doit prêter une attention particulière à ceux et celles qui sont les plus exploités et sous-payés.

Suite à la syndicalisation du secteur public, la majorité des syndiqués, hommes et femmes, sont membres de syndicats canadiens ou québécois. Mais un grand nombre sont toujours dans des syndicats internationaux, dont le siège social se trouve aux États-Unis. La lutte pour l’autonomie canadienne et pour l’indépendance des sections canadiennes des syndicats internationaux n’est pas terminée. Il en va de même de la nécessité de préserver l’unité au sein du mouvement syndical. Nous devons en même temps veiller à ce que les travailleurs et les travailleuses aient le droit de prendre, dans leurs syndicats respectifs et dans le mouvement syndical dans son ensemble, toutes les décisions qui les concernent.

Le mouvement syndical doit combattre avec détermination toutes les formes de discrimination et d’intolérance pouvant diviser la classe ouvrière, autant dans ses propres rangs que dans la société dans son ensemble. Il doit lutter contre le racisme, le sexisme, l’homophobie ainsi que la discrimination contre les jeunes, de même qu’envers les personnes âgées et les personnes handicapées.

Le mouvement syndical doit se faire le ferme défenseur des droits des femmes, de leurs droits au travail et de leurs droits sociaux, et promouvoir leur entière participation au sein des structures syndicales, à tous les niveaux de responsabilité et de direction.

Le mouvement syndical doit également être le ciment entre les travailleurs et les travailleuses du Québec d’une part, et ceux et celles du reste du Canada, entre les aborigènes et les non aborigènes. Le mouvement syndical doit combattre les manifestations de chauvinisme national et respecter la diversité nationale et culturelle au sein de la classe ouvrière dans son ensemble.

Le mouvement syndical doit également renforcer la solidarité internationale avec les travailleurs et les travailleuses du monde entier, et appuyer leurs luttes pour garantir leurs propres objectifs.

Le mouvement syndical doit rechercher et établir des alliances stables et durables avec d’autres mouvements démocratiques et sociaux afin de défendre et de promouvoir les droits démocratiques, la souveraineté et le bien-être socio-économique de la classe ouvrière en général. Il doit combattre le néolibéralisme, la mondialisation capitaliste, l’impérialisme et la guerre.

Non moins urgente est la tâche consistant à syndiquer les non-syndiqués. Ceux-ci constituent la majorité de la classe ouvrière. Il faut les aider à améliorer leur niveau de vie et à participer aux activités et aux luttes politiques contre le capital financier. Cette tâche comprend la syndicalisation d’un nombre croissant de techniciens, de scientifiques, de spécialistes et de personnes œuvrant dans les industries des services, qui emploient un grand nombre de femmes, de jeunes, d’immigrants et d’immigrantes. Cette tâche implique également des efforts particuliers pour syndiquer les temps partiel, temporaires et à contrat; elle sous-entend aussi une lutte active contre la discrimination dans les lieux de travail et pour l’égalité.

Les droits des sans-emploi doivent également être défendus, et tous les efforts doivent être faits pour les aider à se syndiquer et à lutter pour qu’ils reçoivent leurs pleines prestations d’assurance chômage et pour qu’ils aient des emplois décents.

Le mouvement syndical doit protéger les droits syndicaux de tous ses membres au sein même des syndicats, particulièrement les membres de la base, et les encourager à participer aux activités syndicales. Il doit défendre le principe de la démocratie syndicale et s’opposer aux pratiques bureaucratiques et aux autres pratiques non-démocratiques, qui nuisent à la participation des membres et au contrôle du syndicat par ces derniers.

Pour faire progresser la lutte générale de la classe ouvrière, le mouvement syndical doit se donner et mettre en œuvre un programme d’action politique indépendante, détaillé et complet, qui mobilise celle-ci dans la lutte démocratique et politique, en plus des luttes économiques sur les lieux de travail contre leurs employeurs.

Pour convaincre le mouvement syndical qu’un tel programme de lutte est nécessaire, il importe de démasquer et de combattre les politiques de droite qui prônent la collaboration de classe et la trahison de la classe ouvrière, et de les remplacer par des politiques axées sur la lutte de classe. Au sein du mouvement syndical, les communistes luttent pour l’application des meilleurs principes du militantisme syndical et pour la participation démocratique la plus large en matière de prise de décision.

 

Politiques et perspectives de la classe ouvrière

Pour obtenir l’unité de la classe ouvrière et du peuple et, ultimement, la conquête du pouvoir politique, il est nécessaire de développer une idéologie indépendante et répondant aux intérêts de la classe ouvrière. Cela exige une longue lutte pour la promotion des politiques vraiment favorables à la classe ouvrière, forgées dans le combat contre l’idéologie capitaliste au sein du mouvement ouvrier et contre les défenseurs de cette idéologie.

L’exploitation impérialiste des peuples des colonies et des semi-colonies a servi de base économique au réformisme et à l’opportunisme au sein du mouvement ouvrier, permettant aux impérialistes des pays exploiteurs de céder une petite partie de leurs superprofits à une section de la classe ouvrière sous la forme de salaires plus élevés. Telle est la base de la politique de coopération avec la classe capitaliste, c’est-à-dire de la collaboration de classe et du renforcement des idées capitalistes. Dans la mesure où les monopolistes canadiens ont cédé une partie de leurs superprofits coloniaux, ce processus a pu avoir ses effets sur le mouvement ouvrier canadien.

Après la Seconde Guerre mondiale, la croissance considérable des forces productives dans les pays capitalistes ainsi que la hausse de la productivité du travail, de l’exploitation et du taux d’accumulation du capital a permis au capital financier d’entreprendre une politique de concessions face aux demandes de la classe ouvrière. Cela a encouragé la pensée réformiste au sein de la classe ouvrière, particulièrement (comme dans le passé) auprès des secteurs privilégiés parce qu’ayant accès à des avantages matériaux spéciaux. La pensée réformiste était également encouragée, comme toujours, par la propagande idéologique de la classe dominante et par les salaires et les styles de vie relativement privilégiés d’une partie importante des directions syndicales. La classe capitaliste et la droite ont profité de cette période étendue de développement capitaliste relativement soutenu pour cultiver, au sein du mouvement ouvrier, l’illusion que le capitalisme est capable d’engendrer un progrès social continuel et de satisfaire les exigences toujours croissantes de la population. La diffusion massive de cette propagande tendait à rendre le capitalisme acceptable à une couche importante de travailleurs et de travailleuses.

Mais la base économique du réformisme et de la collaboration s’effrite constamment. Avec l’accentuation de la crise systémique du capitalisme monopoliste, le grand capital exige et arrache toujours plus de concessions à la classe ouvrière. Les travailleurs et les travailleuses accroissent, à leur tour, leur résistance. Il devient de plus en plus difficile de parvenir à des accommodements généraux, c’est-à-dire à un “contrat social” entre le travail et le capital.

Ce changement objectif de la part des monopoles, qui, maintenant, attaquent plus ouvertement les travailleurs et les travailleuses, n’élève pas automatiquement et immédiatement le niveau de conscience de ces derniers. C’est ainsi que le réformisme bourgeois et social demeure la tendance dominante au sein du mouvement ouvrier. Le niveau de militantisme s’accroît, mais le militantisme, à lui seul, n’est pas encore la conscience de classe, la conscience politique.

Sous le capitalisme, les conditions de vie actuelles des travailleurs et des travailleuses créent les conditions permettant de combattre et de vaincre l’illusion qui consiste à croire que le capitalisme est toujours capable de livrer la marchandise. L’exploitation de la classe ouvrière devient toujours plus intense. Celle-ci mène des luttes toujours plus étendues, plus militantes et plus unifiés pour satisfaire ses besoins. Les illusions créées par le réformisme social sont constamment démenties par les réalités de la lutte de classe.

La lutte pour promouvoir les politiques et l’unité de la classe ouvrière implique une lutte idéologique contre les illusions capitalistes qui circulent au sein du mouvement ouvrier.

Le Parti communiste mène une lutte constante contre l’idéologie réformiste, c’est à dire ce système d’idées identifiant les intérêts de la classe ouvrière à ceux du capitalisme. Les réformistes croient que l’État capitaliste est une autorité impartiale, s’élevant au-dessus des classes. Le réformisme au sein de la classe ouvrière conduit à la collaboration de classe ou au partenariat de classe entre le monde du travail et les capitalistes. Les idées réformistes limitent les activités du peuple aux buts du parlementarisme étroit et à des réformes partielles. Certains réformistes considèrent que le but du socialisme est une “société juste” ou l’“État providence”, croyant que le socialisme est le résultat d’une série interminable d’améliorations ou d’étapes sous le capitalisme. Ils désarment ainsi la classe ouvrière et adaptent le mouvement ouvrier au capitalisme pour préserver celui-ci.

Les communistes affirment que, dans le contexte des lois générales du capitalisme, la classe ouvrière n’a pas d’autre choix que de riposter aux effets de la crise systémique de ce dernier, de lutter et de briser le pouvoir du capital financier pour enfin renverser le système capitaliste et le remplacer par le socialisme.

Tout en s’opposant au réformisme, le Parti communiste appuie la lutte pour les réformes qui protègent les masses laborieuses des effets de l’exploitation capitaliste. La lutte pour les réformes aident la classe ouvrière à acquérir de la confiance et de l’expérience, à renforcer son unité et son organisation, à élever le niveau de sa conscience de classe et à renverser le rapport de force entre les classes au sein de la société en sa faveur. Le Parti communiste considère que la lutte pour des réformes est liée à la transformation révolutionnaire de la société.

 

La social-démocratie

Au Canada, le principal représentant de l’idéologie réformiste et de la collaboration de classe au sein du mouvement ouvrier est la social-démocratie.

La social-démocratie n’est, cependant, pas le seul propagateur de l’idéologie bourgeoise au sein des mouvements syndical, ouvrier et populaire. Les partis bourgeois essaient d’agir au sein des mouvements syndicats et des autres mouvements de masse démocratiques et d’y exercer leur influence. L’appareil d’État et son infrastructure, y compris les institutions éducatives et culturelles, les médias appartenant à des capitalistes et les autres institutions de la classe dirigeante, mènent chaque jour leurs attaques idéologiques contre les masses laborieuses.

Le principal obstacle à l’unité du mouvement ouvrier et des forces progressistes, et à l’établissement d’une unité anti-monopoliste est la social-démocratie de droite et les tendances anticommunistes.

Le Parti communiste s’est toujours efforcé d’unir les secteurs réformistes et révolutionnaires du mouvement ouvrier dans la lutte pour la paix, la démocratie et l’indépendance du Canada, et contre la domination des grandes entreprises.

La crise grandissante du capitalisme et l’intense lutte entre le capital et le travail qui en résulte, ont provoqué une confrontation idéologique et politique profonde dans les rangs de la social démocratie. Au Canada et au niveau international, les dirigeants du mouvement social-démocrate de droite ont complètement abandonné les buts du “socialisme” et adopté ceux du capitalisme à l’étape de la mondialisation. Ils ont réorienté les buts des partis sociaux-démocrates et prônent maintenant l’illusion que l’on peut établir un capitalisme “au visage humain”.

La nouvelle orientation de la social-démocratie est un reflet d’un changement au niveau de sa base de classe. Constituée principalement, à l’origine, de membres de la classe ouvrière, elle regroupe aujourd’hui de plus en plus de professionnels, de membres de la petite-bourgeoisie, ainsi que d’autres secteurs des couches moyennes. Ces changements, aux conséquences multiples, ont provoqué de profondes divisions au sein du Nouveau parti démocratique (NPD), principal représentant de la social-démocratie au Canada anglophone, entre sa direction de droite et un secteur toujours plus marginalisé de ses membres, qui gardent leurs convictions socialistes ou, dans certains cas, social-démocrates traditionnelles. Ce débat acerbe s’est propagé au sein du mouvement ouvrier, et a conduit à remettre en question le maintien des liens politiques et organisationnels entre le NPD et le Congrès du travail du Canada et ses affiliés. Le Parti communiste croit que le mouvement syndical n’est pas avantagé par l’affiliation automatique de ses membres ou par des liens organisationnels permanents avec le NPD ou avec quelque autre parti politique, mais qu’il doit plutôt mener une action politique indépendante dans les luttes extraparlementaires de masse, tout en appuyant les candidats et les candidates, le programme et les politiques de partis politiques ou de coalitions qui reflètent ses propres politiques.

Ces développements montrent le fossé grandissant qui se creuse entre les intérêts de la classe ouvrière et ceux de la social-démocratie de droite.

Dans les luttes quotidiennes, les communistes travaillent étroitement avec les sociaux-démocrates de gauche et avec les autres militants des mouvements ouvrier et progressistes, et luttent pour développer des actions unifiées et maintenir la coopération. Le Parti communiste continue de travailler pour une coopération avec le NPD sur des questions spécifiques et en vue de réformes communes, malgré l’écart croissant qui sépare les principes et les allégeances de classe des deux partis.

Plus le Parti communiste pourra travailler efficacement pour l’unité de la gauche et des forces démocratiques, tout en renforçant son activité politique indépendante en appliquant son programme et ses politiques marxistes-léninistes, et plus les forces de gauche présentes au sein du NPD et ailleurs pourront être rassemblées dans la lutte unie pour des politiques véritablement socialistes.

 

La construction d’alliances au sein des forces populaires

À mesure que le capital monopoliste intensifie ses attaques contre le niveau de vie et contre les intérêts de la classe ouvrière et des autres couches du peuple, de larges secteurs de la population canadienne doivent, pour défendre leurs propres intérêts économiques et politiques, lutter contre le pouvoir du capital financier et de son État. Tel est le processus croissant qui caractérise notre époque.

Les mouvements populaires conduisent un nombre croissant de gens à participer à des activités politiques extraparlementaires. L’unité entre ces forces et la classe ouvrière au sein de larges coalitions pour résister à l’offensive du capital financier jettera les bases permettant de réaliser des progrès démocratiques et sociaux et de bâtir une alliance démocratique populaire, anti-monopoliste et anti-impérialiste pleinement développée.

Ces forces, constituées d’éléments issus de différentes classes et couches sociales, entrent souvent, et à des degrés divers, en conflit avec les intérêts du grand capital. Les agriculteurs et les autres producteurs du secteur primaire, les professionnels, les intellectuels et les capitalistes non-monopolistes de la petite entreprise ou indépendants ont un intérêt commun à s’opposer aux politiques réactionnaires du capital financier et de ses gouvernements.

Ces forces comprennent également des courants progressistes au sein du mouvement national québécois. Bien que ce dernier soit principalement dirigé par des forces bourgeoises et petites-bourgeoises, il attire dans ses rangs des personnes aux tendances démocratiques et progressives.

De même, les peuples aborigènes constituent une importante force dans la lutte pour la démocratie et contre la domination monopoliste de par leurs luttes grandissantes pour la justice sociale ainsi que pour la reconnaissance de leurs droits ancestraux, incluant leur droit au “self-goverment”.

À travers le Canada, une multitude de mouvements populaires à caractère multiclasse, unis autour de luttes démocratiques et sociales, jouent aussi un rôle particulièrement important. Ils comprennent les mouvements de lutte pour l’égalité de la femme, pour la protection de l’environnement, pour la paix et la solidarité, pour la justice sociale, contre le racisme, la discrimination et le fascisme, le mouvement des jeunes, le mouvement étudiant, les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transsexuelles, les forces progressistes au sein des communautés religieuses ainsi divers autres organisations œuvrant au sein de la communauté artistique, auprès des personnes âgées, et pour des réformes dans les domaines communautaires et du développement urbains.

Le mouvement des femmes est devenu une force efficace et importante au sein du mouvement du peuple contre la réaction et le néolibéralisme. Les luttes en faveur d’un salaire égal pour un travail équivalent, de programmes d’“action positive” pour éliminer la discrimination, de congés de maternité et de paternité entièrement payés, du choix en matière de reproduction, et de soins aux enfants, universellement accessibles, financés publiquement et de qualité ont suscité un large appui au sein du mouvement ouvrier et des autres mouvement populaires.

Pour unir les femmes et les hommes en une lutte commune contre l’ennemi commun, il est nécessaire de combattre les idées et les pratiques sexistes, qui sont renforcées par les médias et par la culture dominés par les monopoles. Il est également nécessaire de s’opposer aux campagnes idéologiques toujours croissantes organisées par les forces néolibérales et par les autres forces de droite, pour diffuser des idées rétrogrades.

La crise du capitalisme frappe directement les jeunes. Ceux-ci répondent par un militantisme et une résistance grandissantes. Étant donné que le capitalisme détruit les aspirations des jeunes à une vie meilleure, ceux-ci désirent toujours plus de changements. Les luttes des jeunes sont axées sur le chômage et l’éducation. Un grand nombre de jeunes s’opposent également à la mondialisation capitaliste et aux agressions impérialistes.

Les attaques néolibérales contre l’éducation post-secondaire transforment toujours plus l’éducation en un privilège de riches. Le mouvement étudiant riposte à ces attaques et exige des programmes éducatifs accessibles, de qualité et adéquatement financés, et la fin des frais de scolarité et de la dette étudiante. Les jeunes dénoncent le fait que le système d’éducation soit orienté de façon à satisfaire les besoins du capital financier.

Les jeunes font face à des taux de chômage supérieurs à la moyenne, à des conditions de travail dangereuses et au manque de formation. Les familles de jeunes couples représentent une grande proportion des personnes vivant dans la pauvreté. Pour combattre ces conditions, le mouvement syndical doit syndiquer les non-syndiqués qui sont souvent des jeunes.

Quoique l’aliénation engendrée par le capitalisme monopoliste est grandement répandue et démoralise nombre de jeunes, ces derniers luttent pour y mettre fin. Leur combat en est un pour un changement social fondamental.

Une lutte se développe également contre la domination de notre vie économique, politique et culturelle par les États-Unis, rendue possible par la trahison de la classe dirigeante canadienne. Aujourd’hui la lutte pour la souveraineté et l’indépendance du Canada est une lutte pour l’avenir du Canada. Elle constitue une condition essentielle pour nos avancées vers le socialisme.

Un nombre croissant de gens s’unissent afin de lutter pour des revendications démocratiques, anti-monopolistes et progressistes portant sur une multitude de questions de classe et sociales. Ces mouvements visent, entre autres, les objectifs suivants :

• défendre l’assurance-maladie, l’éducation publique, les pensions et les autres programmes sociaux ; lutter contre la déréglementation et empêcher la privatisation et le démantèlement du secteur public par les gouvernement néolibéraux ;

• lutter contre la mondialisation capitaliste et le pillage des peuples du tiers-monde par les transnationales, et défendre la souveraineté du Canada et empêcher l’aliénation des richesses et des ressources naturelles de notre pays ;

• protéger et préserver l’environnement de la dévastation insensée perpétrée par les entreprises ;
• s’opposer à la guerre, aux agressions impérialistes, à la continuelle course aux armements et à la participation du Canada à l’OTAN ; exiger l’élimination des armes de destruction massive et promouvoir l’adoption d’une politique étrangère canadienne indépendante de paix et d’amitié envers tous les peuples et toutes les nations.

• combattre le racisme, la discrimination et l’intolérance, et s’opposer à toute renaissance du fascisme au Canada ;

• défendre les droits des gais, des lesbiennes, des bisexuels et des transsexuels, et garantir leur pleine égalité ;

• défendre et accroître les droits des handicapés;

• lutter contre la culture de masse étasunienne réactionnaire, et garantir le développement d’une culture démocratique; et

• défendre les droits de la personne et les droits individuels, sociaux et démocratiques du peuple canadien, et empêcher leur détérioration par les grandes entreprises et les gouvernements.

Dans leur lutte pour atteindre leurs objectifs, ces mouvements entrent inévitablement en conflit avec le capitalisme monopoliste. Leurs efforts pour changer les politiques gouvernementales et pour obtenir les plus petites réformes progressistes s’opposent avec plus ou moins de force aux intérêts acquis du capital financier et suscitent la résistance conjointe des capitalistes et de leur État. C’est dans ce sens que ces mouvements ont un caractère objectivement anti-monopoliste et constituent ainsi d’importantes forces luttant pour un changement démocratique et social fondamental en alliance avec la classe ouvrière.

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Pour gagner la majorité de la population au Canada à l’idée de se soustraire à l’influence capitaliste, il faudra mener une lutte inlassable et complexe et adopter des tactiques politiques flexibles.

L’action politique indépendante que mènent les syndicats, les mouvements populaires et les mouvements démocratiques peut être le moyen de gagner les masses à l’idée de rejeter les partis capitalistes et de s’engager dans la voie de l’indépendance politique et de changements fondamentaux. Le Parti communiste fera tout en son pouvoir pour convaincre toutes les personnes qui participent à des activités politiques indépendantes de lutter pour des mesures progressistes et anti-monopolistes conséquentes.

Le Parti communiste considère que les luttes du peuple pour réaliser ses aspirations économiques, sociales et politiques constituent le facteur décisif qui déterminera le cours des développements sociaux.

Le Parti communiste combine le travail de masse à la base à l’appui et la participation aux mouvements de masse, à la lutte incessante pour gagner une majorité de députés-ées de gauche au Parlement, en tant que partie intégrante de la voie vers le socialisme. Aucun progrès important de la lutte parlementaire n’est possible sans actions de masse du peuple.

Dans le cadre de sa lutte sans relâche pour l’unité de la classe ouvrière et des mouvements démocratiques, le Parti communiste détermine sa propre tactique électorale en fonction des circonstances et du rapport des forces en présence à chaque élection. Le Parti communiste nomme des candidats sur la base du programme du Parti. Cela est une partie intégrante de notre lutte générale pour l’unité des forces démocratiques, de gauche et anti-monopolistes.

Les gouvernements locaux sont plus accessibles et plus proches des communautés et de la population, mais leurs pouvoirs et leur rôle sont réduits par les législations des niveaux supérieurs. Au niveau municipal, le Parti travaille à établir des alliances civiques larges et progressistes pour résoudre les difficultés grandissantes de nos villes, de nos municipalités et de nos régions rurales, qui affectent également les vies du peuple travailleur, des propriétaires de logements et des locataires.

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Dans tous les aspects de son travail politique de masse, le Parti communiste lutte pour bâtir une alliance démocratique populaire, anti-monopoliste et anti-impérialiste. Une telle alliance, d’un type nouveau, inclurait le Parti communiste et les autres partis et organisations politiques, les organisations populaires démocratiques du Québec et du Canada anglophone, les syndicats, les organisations d’agriculteurs, de jeunes et d’étudiants, d’intellectuels et de professionnels, de femmes, d’aînés et les coopératives.

Le Parti communiste travaille à unir toutes ces forces populaires pour constituer la base d’un gouvernement populaire démocratique, anti-monopoliste et anti-impérialiste, dirigé par la classe ouvrière et dans lequel le Parti communiste aspire à jouer un rôle dirigeant.


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