Prenant acte de la démission de François Legault, le Parti communiste du Québec réitère que malgré la personnalisation du pouvoir qu’il a portée au cours des sept dernières années, le gouvernement de la CAQ a toujours été contrôlé par les monopoles. Cette dynamique perdurera y compris après la période de régence qu’il entend assurer avant que son parti politique désigne son successeur qui aura pour tâche de préparer la campagne électorale. En ce sens, nous ne joignons pas nos voix aux pantalonnades qui, de Québec solidaire au Parti québécois en passant le Parti libéral, ne tarissent d’éloges envers François Legault « malgré leurs désaccords » plus ou moins profonds. Nous dénonçons cette hypocrisie qui a néanmoins le mérite de rappeler leur appartenance à la politique bourgeoise et appelons au contraire les masses populaires à s’organiser de plus belle contre le pouvoir des monopoles et se galvaniser contre l’illusion que cette démission pourrait leur être favorable.
Pur produit du capitalisme monopoliste d’État et homme-lige des grandes entreprises qui lui prêtent même certains de leurs proéminent rhéteurs, il se fait élire en 2018 autour d’un programme satisfaisant à la fois l’aile plus nationaliste du Parti libéral et les néolibéraux identitaires du Parti québécois. Cette opération commando avait pour objectif surtout d’affaiblir les mouvements syndical, démocratiques et populaires notamment à travers la loi 3, l’abolition des commissions scolaires et la refonte du régime de santé et de sécurité au travail.
Ne soyons pas dupes : Legault démissionne, mais ses objectifs demeurent. Privatisation de la santé, de l’éducation et des services publics, casse des syndicats et nationalisme identitaire restent, à marche plus ou moins forcée, telle est l’unique nuance de gris au tableau, trônent au coeur des discours politiques.
Le plan initialement fédérateur, raison d’être de la CAQ, a été accompli dans les grandes lignes (Santé Québec, Loi 3, Loi 21, abolition des commissions scolaires, etc.) Sa pertinence perd donc tout son sens et un François Legault en roue libre embarrasse le Capital. On peut donc se demander si cette démission représente un coup de Jarnac comme celle de Justin Trudeau il y a un an ou un chant du cygne afin d’implorer le patronat de miser de rechef sur le Bucéphale caquiste.
Quoi qu’il en soit, le Parti communiste du Québec réitère sa ferme intention de contester les prochaines élections non pas contre Legault ni contre la CAQ, mais contre le pouvoir des monopoles en défendant un programme électoral axé autour de points de ruptures qui incluent le monopole public sur nos services publics, la revalorisaion du travail en lieu et place du capital, un vaste chantier de nationalisations, l’expansion de nos droits syndicaux et démocratiques, puis une solution démocratique à la question nationale comme élément-clé d’une politique étrangère canadienne de paix et de solidarité.
Seul un tel programme populaire, pragmatique et de classe est en mesure de mettre fin non seulement à l’ère Legault, mais à l’ère du capitalisme monopoliste d’État. Car nous savons que peu importe son successeur avant ou après le 5 octobre prochain, les politiques antipopulaires et anti-ouvrières de la CAQ ne seront renversées qu’au moyen d’une lutte populaire organisée, ce qui implique une préparation politique.
