Devant la récente agression aussi brutale qu’illégale de l’impérialisme yankee contre le Venezuela, le Parti communiste du Québec s’inquiète devant la suite des évènements et appelle les progressistes et démocrates du Québec à défendre la souveraineté du Canada.
Aucun article de la Charte des Nations Unies ne permet à un État de violer la souveraineté territoriale d’un autre, encore moins de piloter une opération commando que même les plus créatifs des scénaristes de Rambo n’auraient su ébaucher afin d’en kidnapper le Président, puis l’accuser de crimes aussi risibles que possession d’armes à feu alors qu’il officie également comme Chef des Armées… Quant aux accusations de trafic de drogue, leur vacuité a été prouvée maintes fois par différents experts.
Au contraire, l’Article 2 de la Charte de l’ONU stipule qu’aucune «
disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ni n’oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte ».
Au mépris du droit international, Trump cherche à imposer un Doctrine Monroe du XXIe siècle. Certains l’appellent déjà la « Doctrine Donroe ». Qu’importe le vocable : il s’agit de garantir l’Amérique non pas aux Américains, mais aux monopoles états-uniens, et gare aux fortes têtes – particulièrement à celles qui chercheraient à trop faciliter la pénétration des capitaux chinois. Tel est le message lancé par Washington. C’est le retour de l’ordalie, de la piraterie; bref de la canonnière contre la diplomatie.
PSPP prétend que « nos intérêts au Québec sont alignés sur ceux des États-Unis » tandis qu’Yves-François Blanchet estime que la menace principale ne provient pas de Washington, mais d’Ottawa. Ruba Ghazal quant à elle réagit à l’invasion états-unienne au Venezuela certes par la négative, mais elle sous-entend que si elle avait eu l’aval de l’ONU, l’opération commando aurait été légitime?
Quelle honte pour un camp qui se dit souverainiste! À quelle souveraineté se réfèrent-ils? À celle des monopoles états-uniens? À une meilleure intégration du capital québécois au trumpisme? À eux de répondre.
En ce qui nous concerne, la souveraineté du Québec comme celle de toutes les nations peuplant le Canada ne saurait être mieux garantie qu’à travers un Canada démocratique et populaire extrait de l’OTAN et des ornières de Washington, d’un pays doté d’une nouvelle Constitution laquelle garantirait également le droit à l’autodétermination jusqu’à et y compris à la sécession de l’ensemble des nations qui peuplent le pays.
L’heure n’est pas à opposer la souveraineté canadienne à la lutte pour le droit à l’autodétermination du Québec et de l’ensemble des nations opprimées au pays. Au contraire, ces deux démarchent participent d’une lutte convergente. D’un côté, garantir la souveraineté du pays devant l’impérialisme états-unien ne peut faire l’économie du potentiel démocratique et antimonopoliste de la lutte pour l’égalité de toutes les nations du Canada. D’autre part, le droit démocratique fondamental à l’autodétermination des nations ne peut s’exprimer pleinement que s’il s’inscrit dans une lutte globale contre l’impérialisme à défaut de quoi il ne fait que troquer une figure tutélaire pour une autre.
Soyons clairs : il ne s’agit ni d’agiter une marotte ni de susciter l’épouvante. Néanmoins, l’exemple du Venezuela nous rappelle brutalement à quel point notre ennemi est sournois et n’hésite pas à se saisir de toute opportunité pour arriver à ses fins. Ainsi, essentialiser la question de la souveraineté, la considérer hors contexte revient à jouer le jeu de l’impérialisme et des monopoles, car c’est en relation à la lutte contre cet ennemi commun aux peuples du monde qu’elle doit être appréciée.
Internationaliste et révolutionnaire avant tout, le Parti communiste pose justement le problème dans une perspective qui rompe à la fois avec le chauvinisme national canadien comme avec le nationalisme étroit québécois, les deux s’annulant mutuellement. Il propose en contrepartie l’unité dans la lutte contre le pouvoir des monopoles canadiens, états-uniens et québécois, colonne vertébrale de l’impérialisme le tout dans une perspective d’édification du socialisme, seule résolution possible de la question nationale.
