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Plateforme électorale · Québec 2026
Pour le travail, la démocratie et le socialisme
Votons communiste!
Crise du logement devenue humanitaire, hausse mirobolante du coût de la vie, déliquescence de nos services et infrastructures publics, privatisation à outrance, école à trois vitesses, érosion de nos droits syndicaux et démocratiques, nationalisme étroit et réactionnaire comme assise populiste pendant que les deniers publics coulent à flot pour satisfaire le patronat et les actionnaires : tel est, dans ses grandes lignes, le bilan de huit années de pouvoir personnel au service des grandes entreprises incarné par la CAQ.
Mais ne soyons pas dupes. L’équipe François Legault devenue équipe Christine Fréchette n’a fait qu’intensifier une dynamique bien installée par les partis monopolistes de l’alternance qui se sont partagé le pouvoir depuis 1976, à savoir le Parti québécois et le Parti libéral. L’un a été la courroie de transmission du néolibéralisme dans les années 1980 et 1990, tandis que l’autre s’est fait l’apôtre de l’austérité dans la décennie suivante. La CAQ n’a fait que poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs.
Si les masques risquent de permuter lors des prochaines élections, les fondamentaux ne changeront pas. La solution ne peut être un retour aux partis traditionnels des grandes entreprises ni la reconduite d’une coalition forgée par et pour les potentats économiques. Elle ne peut être non plus l’élection d’un gouvernement solidaire qui passe plus de temps à rassurer les grandes entreprises qu’à les combattre, et encore moins le populisme fascisant des conservateurs qui instrumentalisent la détresse des masses laborieuses et instillent une guerre civile en leur sein pour mieux servir le capital.
Notre proposition
Cinq perspectives de lutte, cinq points de rupture
Plutôt qu’une plateforme classique basée sur des demandes ponctuelles à la réalisation plus qu’incertaine lorsqu’elle n’est accompagnée d’aucun plan, nous bâtissons notre campagne autour d’une profession de foi générale : celle de la lutte contre les grandes entreprises. Celle-ci s’articule autour des cinq points de rupture suivants.
La valorisation du travail, pas du capital
Le Québec n’appartient pas aux Québécois. Il appartient à 27 familles milliardaires et ploutocrates vautrées dans leur richesse. Ces dernières ne créent ni travail ni richesses collectives. Elles accumulent des capitaux, mais ne génèrent aucun emploi. Elles ne produisent que du chômage et de la précarité. Des milliers de travailleurs vivent dans l’indigence. Les personnes privées d’emploi sont réduites à l’itinérance. Pendant ce temps, des besoins essentiels ne sont pas comblés : nous manquons de médecins, d’ingénieurs, de techniciens, de professeurs, de travailleurs de la construction, d’agents de santé, etc.
À qui la faute? À ceux qui vaquent à leurs intérêts financiers plutôt qu’au développement social du Québec.
L’histoire le prouve : l’augmentation des salaires et le plein emploi satisfont les intérêts des masses populaires et des travailleurs et stimulent l’économie. Or, le patronat refuse de valoriser le travail, car il doit accumuler les profits capitalistes.
Aujourd’hui, le sous-emploi et les emplois précaires sont la norme, tout comme le chômage et les salaires de misère. Il faut donc nous assurer qu’il en coûte plus cher aux patrons d’employer à temps partiel ou de mettre à pied pour des raisons boursières que de créer des emplois de qualité. Ce qu’ils appellent « charges patronales » n’est qu’un euphémisme pour « salaire digne ».
C’est pourquoi nous devons lutter pour bonifier nos salaires et nos pensions de retraite et nous assurer du plein emploi. Or, ces objectifs ne peuvent être atteints autrement que par une expansion de nos droits syndicaux, incluant le droit de grève. Aucune avancée sociale ou économique de la classe ouvrière n’a été gagnée sans la lutte syndicale. La grève est dans l’intérêt général.
Une économie planifiée selon les besoins des travailleuses et travailleurs, pas des exploiteurs
Prétendre s’attaquer au pouvoir des grandes entreprises et le faire fléchir sans appeler, a minima, à la nationalisation des secteurs clés de notre économie — à savoir les banques, les grands groupes de distribution et les grandes entreprises de production — relève de l’ineptie. On ne peut s’imaginer bâtir un Québec démocratique, populaire et solidaire sans s’attaquer aux responsables des maux imposés par les puissances d’argent.
Au lieu de laisser notre économie aux mains des magnats de l’industrie et des monopoles, qui n’ont aucun scrupule à défaire le tissu industriel québécois pour mieux s’intégrer au capital financier états-unien; au lieu que nos entreprises publiques comme Hydro-Québec servent de vache à lait aux monopoles; au lieu qu’Investissement Québec débloque des millions pour propulser une économie de guerre au profit du complexe militaro-industriel états-unien, nous devons nous engager dans un vaste chantier de nationalisations.
Il nous faut extraire les banques, l’épargne et les assurances de la logique marchande. Il en va de même avec le logement. Pour qu’il soit un droit plutôt qu’une marchandise, luttons pour un contrôle des prix des biens de première nécessité.
Luttons également pour une refonte de l’assiette fiscale afin que le fardeau ne repose plus sur les travailleurs et les petites entreprises, mais sur les monopoles et les plus nantis.
Des services publics entièrement publics
Nos infrastructures et services publics souffrent d’une déliquescence honteuse. C’est le tribut de décennies de sous-financement chronique, de mise en compétition avec le privé et de privatisation à outrance. Or, on le sait, intégrer les services publics — notre salaire socialisé — à la logique marchande ne sert que les intérêts du patronat, qui y voit un marché à conquérir. Les services s’érodent — fermeture de salles d’urgence, de maternités et de CLSC, écoles publiques vétustes, etc. — tout comme les conditions de travail.
Comble du ridicule, privatiser coûte plus cher : il faut non seulement rémunérer la main-d’œuvre et couvrir les coûts fixes, mais aussi assurer les profits patronaux… En santé seulement, il a été calculé que le privé coûte annuellement 6 milliards de dollars.
Nous appelons non seulement à extraire l’ensemble de nos services et infrastructures publics de la logique marchande, mais également à les étendre afin d’en extraire la santé, l’éducation, le transport et plusieurs autres services essentiels à la population. Le privé nous prive de services publics!
Une solution démocratique et internationaliste à la question nationale
QS, le PQ et le PLQ voudraient que le faux dilemme entre « indépendance » et « fédéralisme » devienne la « question de l’urne ». La CAQ se veut partisane d’une troisième voie « autonomiste ». Pour nous, l’indépendance comme le fédéralisme, même asymétrique, ne sont que l’avers et l’envers d’une même médaille.
Nous luttons pour la souveraineté du Québec, mais refusons que celle-ci soit assimilée à la sécession. Nous préconisons plutôt la convocation d’une Assemblée constituante pour le Québec. Loin de produire une Constitution « provincialiste » comme celle proposée puis morte au feuilleton par la CAQ, nous luttons pour que cette démarche mène à une nouvelle Constitution pour l’ensemble du Canada et des peuples et nations qui le composent.
Cette Constitution doit permettre au Québec d’exister comme État associé au sein d’une Confédération canadienne renouvelée qui garantira la souveraineté de tous les peuples et nations qui y habitent.
Par ailleurs, dans un monde où la guerre devient le dernier rempart du capitalisme en crise, le Québec pourrait constituer une voix de paix et de solidarité internationale. Il pourrait fermer son Bureau à Tel-Aviv et rouvrir celui de La Havane, comme il pourrait utiliser son siège à l’OIF pour défendre les luttes des peuples subjugués par l’impérialisme.
Comme l’exprimait Marx : « Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre. » Il n’est donc pas question qu’un Québec « libre » dans le giron de l’impérialisme occidental puisse être indépendant. C’est pourquoi nous luttons pour un Québec souverain au sein d’un Canada anti-impérialiste et socialiste.
L’expansion de nos droits démocratiques
La fascisation de la société n’est pas un mythe. Au Québec, la classe dirigeante instrumentalise la question nationale à cet effet. On érige les personnes immigrantes, les femmes et les minorités en boucs émissaires, alors que les vrais responsables de notre misère ne sont autres que les monopoles.
Nous devons lutter contre toute forme de discrimination dans nos quartiers, dans nos lieux de travail ou d’études, où nous devons être exemplaires.
Le discours haineux, qui engendre des crimes, doit être criminalisé. Il s’agit d’une offensive idéologique de la classe dirigeante visant à instiller une guerre civile au sein des masses laborieuses.
Le genre humain, courbé sous la honte, ne doit avoir qu’un seul étendard, un seul mot d’ordre : travail et justice, fraternité de tous les ouvriers.
Pour garantir une véritable démocratie, il n’est pas question de faire du lobbying auprès du prochain gouvernement. Il s’agit plutôt de bâtir des espaces permettant aux travailleurs de s’exprimer politiquement à tous les niveaux — syndical, municipal, provincial et fédéral —, ce qui implique une démocratisation de nos institutions locales et leur reconnaissance. Par exemple, nous luttons pour un système de votation proportionnel mixte, comme nous luttons pour que les municipalités puissent devenir autre chose qu’une courroie de transmission du capitalisme monopoliste d’État.
Le 5 octobre
Voter communiste pour construire la résistance

Voter communiste, ce n’est pas gâcher son vote. Ce n’est pas non plus diviser la « gauche ». C’est faire profession de foi qu’il existe une autre façon de faire de la politique avant, pendant et après les élections : par nos luttes pour faire fléchir le pouvoir des monopoles et proposer des perspectives ancrées dans la confrontation entre le capital et le travail. C’est couper l’herbe sous le pied du populisme de droite fascisant, qui s’enracine non seulement dans la détresse populaire ambiante, mais aussi dans l’incapacité de la « gauche » perfide à répondre aux problèmes actuels.
Nos cinq perspectives de lutte ne peuvent être considérées en dehors de notre objectif fondamental : l’abattement du capitalisme et l’édification du socialisme. À elles seules, elles ne permettront pas d’atteindre ce but. Néanmoins, elles permettront de rassembler les forces sociales, économiques et politiques nécessaires pour mener cet assaut final.
Communistes, nous n’avons aucune intention de mener le monde à la baguette. Nous n’entretenons aucune illusion quant à l’élection à venir et à son résultat. Néanmoins, nous sommes animés d’un optimisme envers l’avenir socialiste de l’humanité, du Québec et du Canada. Les Trump et autres nervis impérialistes fascisants finiront aux oubliettes de l’histoire, cette même histoire qui saura nous acquitter.
Voter pour le Parti communiste du Québec, c’est donner une indication claire à la classe dirigeante, mais aussi aux forces qui se prétendent de gauche et progressistes, qu’il existe une organisation politique apte à s’organiser et à lutter contre les grandes entreprises et leur pouvoir, une force capable également de faire converger les luttes et de les ancrer dans la confrontation entre le capital et le travail.
