Le Parti communiste du Québec appuie activement l’organisation de la manifestation de l’Alliance de la fonction publique du Canada devant le congrès du Parti libéral du Canada à Montréal, le 11 avril 2026. Les coupures de postes dans la fonction publique fédérale, les coupures de services publics qui les accompagnent, l’investissement massif dirigé vers le militaire – tout cela ne répond en rien aux besoins importants auxquels fait face la population canadienne en ce moment de crise.

Le gouvernement libéral de Carney annonçait récemment des coupures de 40 000 postes dans la fonction publique fédérale, bien sûr en niant l’évidence : ce sont aussi des coupures de services incroyables. Politiquement, il est peu coûteux de s’attaquer aux fonctionnaires, trop souvent dépeints comme des privilégiés dont on pourrait se passer des services. Pourtant, c’est une fois ces emplois éliminés que l’on se rend compte du caractère essentiel de leur travail. Eux-mêmes en ont payé les frais : l’automatisation de leur rétribution par le système « Phénix » a donné lieu à des millions de dollars en arrérages salariaux pour des dizaines de milliers de fonctionnaires.

Le dernier budget de Carney annonçait l’intention de plier devant Trump et de consacrer 5% du PIB à la guerre, ce qui équivaut à 150 milliards par an. Ces exigences de la part des USA et de sa machine de guerre se font aux dépens de nos services publics, nécessitant des coupes massives – celles de 40 000 postes ne sont qu’un début. Elles seront distribuées sur tous les paliers de gouvernements: fédéral, provincial et municipal; ainsi que sur tous les services: assurance-emploi, éducation, pensions, santé, etc. D’ailleurs, le plan de démantèlement complet de Postes Canada – au profit des monopoles privés dont Amazon qui récupèreront les activités rentables de l’entreprise publique – inclut la possibilité de mise à pied de la moitié des employés et participe de cette même logique.

La machine de guerre s’alimente sur notre dos, collectivement.

Il ne faut pas non plus oublier qu’au provincial, Paul St-Pierre-Plamondon s’est vanté qu’il ferait ses propres coupes de postes dans la fonction publique fédérale advenant l’indépendance du Québec. La stratégie de couper dans l’emploi et dans les services publics est donc trans-partisane et dépasse les divisions libéral – conservateur ou fédéraliste – souverainiste. C’est la logique du capitalisme monopoliste d’État en crise qui n’a d’autre marge de manoeuvre que la guerre et la suppression d’emplois et de services publics.

Les travailleurs canadiens et québécois tiennent à leurs services publics: ils sont le fruit de luttes et de ce fait ces coupes sont une attaque contre nos conquêtes sociales. Ne soyons pas dupes : ces coupes ne serviront pas à améliorer les conditions de vie et de travail des masses laborieuses déjà sous pression, mais à engraisser des monopoles privés et les grandes fortunes milliardaires dont le patrimoine a sextuplé depuis 2020 tandis que nos salaires, au mieux, stagnent. Elles serviront à financer le militarisme et la guerre au profit de Trump, de l’impérialisme et de ces mêmes grandes entreprises, patrons et actionnaires. Ce sont eux les véritables profiteurs, pas les fonctionnaires.

Les besoins sont grands, la lutte doit être large. Pour des services publics de qualité et élargis, contre la machine de guerre!