Le Parti communiste du Québec accueille la mort au feuilleton du projet de Loi 1 (simulacre de Constitution québécoise) et salue les voix qui s’y sont opposée, forçant la CAQ à rétropédaler.

Depuis le début, nous avons dénoncé tant la démarche que le contenu de ce projet servant exclusivement le nationalisme étroit et réactionnaire porté par la CAQ pour diviser la classe ouvrière et les masses populaires dans un contexte d’attaques patronales sans précédent. Ses dispositions, opposées frontalement à la Charte de Droits et Libertés du Québec auraient constitué une série d’attaques envers nos droits démocratiques sans précédent. En ce sens, son abandon représente un soulagement, tout comme l’avait été celui de la Charte des dites « valeurs québécoises » défendue par le Parti québécois.

Sur la forme, nous nous sommes toujours opposés à ce qu’une Constitution puisse être imposée par simple vote à l’Assemblée nationale et assimilée à un simple projet de loi. De deux choses émanent l’une : soit il s’agit d’une manœuvre populiste, soit il s’agit de court-circuiter le processus d’Assemblée constituante de sorte que le texte ne corresponde pas à la volonté populaire. Dans les deux cas, il s’agit d’un vil simulacre.

Pour autant, le rejet de ce projet de loi ne doit en aucun cas signifier la fin de la lutte et encore moins l’abandon de l’idée d’une véritable Constitution pour le Québec. Certes, nous nous opposons à cette idée de Constitution « provincialiste » qui impose son nationalisme sans pour autant garantir le droit à l’autodétermination jusqu’à et y compris à la sécession du Québec.

Ainsi, nous appelons les forces qui se sont opposées à ce simulacre à poursuivre la lutte, car nous ne pouvons laisser le gouvernement CAQ souiller l’idée d’une Constitution pour le Québec. Nous ne pouvons non plus laisser les forces nationalistes la réduire à celle de séparation.

Communistes, nous luttons depuis plus de 60 ans pour une Constitution québécoise, l’une qui garantisse son droit à l’autodétermination y compris à la séparation, dans l’optique de forcer une nouvelle Constitution canadienne, celle-ci qui entérinerait un nouveau partenariat égal et volontaire des nations qui composent ce pays. Dans un contexte où Trump considère littéralement le Canada comme son 51e État et où Carney, au-delà des discours, agit pratiquement de la sorte, il est plus que jamais urgent pour les forces de progrès et démocrates québécoises de se saisir de cette lutte fondamentale non pas pour stimuler un repli sur soi, mais au contraire, pour garantir à la fois nos droits démocratiques, nationaux et défendre l’indépendance d’un Canada souverain et populaire dans un monde où priment le bellicisme et l’impérialisme.