Note du Secrétaire national du PCQ, Adrien Welsh
Ça y est! La campagne est officiellement lancée. En fait, il y a longtemps que les différents partis ont déployé leurs troupes : depuis le premier juillet, nous sommes officiellement en « pré-campagne ». Les annonces de candidats se sont égrainées depuis le printemps dernier; les formations se sont échangé salves et critiques avant même l’ajournement de la session parlementaire; la course à la chefferie de la CAQ comme celle du Parti libérale arboraient un avant-gout essentiellement électoral les annonces de politiques générales n’ont pas attendu le 27 aout ni les dévoilements de plateformes électorales.
Le Parti communiste n’a pas fait exception : nous sommes à pied d’œuvre depuis le printemps dernier. Dès le mois de mai, nous avons saisi notre Comité national et convenu du cœur de notre programme électoral. Nous avions, à cette occasion, déjà établi nos cinq axes de lutte, focale de notre campagne.
Plus fondamentalement, et encore plus tôt, dès février, nous avions établi que notre campagne ne s’axerait pas autour d’une « plateforme », mais autour de perspectives de lutte.
Logements sociaux, équité salariale, emploi, éducation accessible, santé publique revalorisée, protection contre les tarifs imposés par Trump, égalité nationale et souveraineté du Québec, égalité entre les genres, solidarité internationale, baisse du cout de la vie… toutes ces causes nobles ne deviennent que vœux pieux à partir du moment où le pouvoir des monopoles n’est pas clairement et concrètement visé.
Les partis bourgeois centrent leur campagne autour d’une « plateforme », une sorte de document essentiellement empiriste où se ramassent pêle-mêle des propositions le plus souvent chiffrées pour rassurer le patronat tout en étant assez ambigües pour alpaguer l’électeur. On y promet tout, mais personne n’explique comment réaliser ces engagements publiés. Ils passent plus de temps à noyer le goujon dans une eau peu profonde qu’à s’attaquer au Capital. Au contraire, ils rivalisent en créativité pour lui prouver qu’ils sauront en être le meilleur gestionnaire.
C’est à croire que la politique n’est que gouvernance, une technique et non un art où s’affrontent différentes idées, conceptions, idéologies. Tout est fait pour décourager n’importe quel empêcheur de tourner en rond.
Au Parti communiste, nous n’avons d’autre promesse que la lutte. Nous ne faisons pas campagne autour d’une plateforme, mais plutôt autour de cinq axes ou perspectives de lutte. Ils correspondent aux préoccupations des masses populaires et de la classe ouvrière (dont 78% craint son appauvrissement). Ils correspondent à autant de points de rupture contre les monopoles et leur pouvoir.
Nos candidats ne défendront ni chiffres ni demandes ponctuelles. Ils ne parleront ni de leur parcours personnel pas plus qu’ils ne se focaliseront sur des questions locales.
Nous ne faisons pas campagne pour gouverner : nous ne cherchons pas à nous intégrer à la politique bourgeoise. Nous faisons campagne pour élever la conscience de classe des masses laborieuses, pour forger notre Parti et si, en corollaire, nous arrivons à faire élire un ou une camarade, ce sera tant mieux.
C’est pourquoi nos candidats n’hésiteront pas à aller au-delà des simples demandes de plateforme, où ils auront à s’engager dans cette campagne en comprenant les enjeux du général au particulier et non l’inverse. Ils sauront mieux que quiconque, dans un contexte d’élections aux enjeux dictés par Washington, défendre la souveraineté, celle du travail contre les monopoles.
Nos candidats sauront se tenir au-dessus de la mêlée. Ils seront les seuls à ne pas simplement débiter, hébétés, une plateforme. Ils dresseront les liens nécessaires pour s’attaquer, puis expliquer l’importance de s’en prendre au pouvoir des monopoles.
« Idéaliste cette campagne », tanceront certains. « Révolutionnaire! », rétorquerons-nous!
Le monde brule, Gaza est sous grabats et sa population souffre un génocide digne de la Seconde Guerre mondiale pendant que la Cisjordanie continue d’être colonisée et occupée. L’Iran et l’Ukraine continuent d’être victimes d’un impérialisme occidental à bout de souffle – donc de plus en plus violent – devant des puissances émergentes qui cherchent à lui ravir son hégémonie.
Ici, l’indigence est telle qu’un nombre incroyablement élevé de personnes en sont réduits à habiter des tentes. On peine à se nourrir. Un travail ne suffit plus pour s’extraire de la pauvreté. Pour seule issue, le Capital nous propose une économie de guerre qui nous intègrerait davantage au complexe militaro-industriel sans garantie d’emploi, mais avec une garantie de destruction possiblement nucléaire.
L’extrême-droite cargue les voiles et pour réponse, on la banalise au point d’en intégrer quelques éléments de langage dans les partis « respectables ».
Les masses populaires n’ont pas besoin de promesses creuses ni de gestionnaires fondés de pouvoir pour les grandes entreprises et le patronat. La classe ouvrière a cruellement besoin d’espoir et cet espoir, il est dans nos luttes. Que ce soit sur le plan politique, économique, social, démocratique, il n’est pas question d’amadouer le capital, ce varan parasitaire et exploiteur, pas plus qu’il est question de le domestiquer ou de l’apprivoiser. Il s’agit de lui asséner une estocade pour l’enterrer comme le féodalisme a péri au rasoir révolutionnaire en pluviôse 1793.
Voter pour le Parti communiste du Québec le 5 octobre prochain, donc, c’est faire une profession de foi envers la lutte du travail contre le capital. C’est permettre de la dynamiser, d’animer ces cinq points de rupture contre le pouvoir des monopoles. C’est faire le choix de l’espoir, de l’avenir, car avant, pendant et après les élections, communistes, nous continuerons de l’avant et poursuivrons cette lutte.
Devant l’offensive de plus en plus violente du capital, de l’impérialisme et des monopoles, nous ne cèderons pas et continuerons de tendre la main à toutes gens de bonne volonté ayant l’appétence d’en finir avec la barbarie de l’exploitation et de l’oppression. Nous ne sommes ni à la table, ni au menu : nous ne négocions pas le poids de nos chaines.
Pour le socialisme, nous luttons jusqu’au bout. Avec le Parti communiste, l’avenir est à nous!
