Le chef du Parti libéral, sans doute en manque désespéré d’inspiration annonce, tapageur, sa volonté de construire 100 000 logements. Il cherche ainsi à court-circuiter ses adversaires en imposant ce thème dans la campagne le premier. Il faut dire que son début de campagne manque de mordant. Christine Fréchette apparaît bien mieux outillées pour rassembler les fédéralistes que lui. Le désaveu tacite de Premier Ministre Carney qui préfère poser avec elle doit sembler une humiliation pour cet ancien Président des Chambres de Commerce…
Essaie-t-il de singer Trudeau en 2015 qui a su échafauder une campagne en doublant sur sa gauche le NPD? À suivre au cours des prochaines semaines et au fil des annonces de campagne du PLQ…
Quoi qu’il en soit, l’annonce en soi semble plutôt improvisée : les Libéraux n’ont pas pris le temps de s’assurer que cet objectif, clairement lancé à la volée, dépasse largement (de 30% environ) la capacité actuelle de construction au Québec.
Il reste que pour le Parti communiste, cet impair pour un Parti aussi pingre que le PLQ n’en constitue pas un. La capacité à construire au Québec peut aisément se bâtir moyennant la valorisation et la création d’emplois dans la construction, l’emploi des travailleurs non plus à travers une myriade d’entrepreneurs mais à travers une agence publique et unique, la planification et la rationalisation des chantiers en s’assurant que ces logements soient 100% publics.
Or, c’est également la grande faiblesse – et le caractère éminemment populiste – de l’annonce de Milliard. Il parle subtilement de « logements », mais pas de « logements sociaux » et encore moins de logements sociaux publics. Il suggère que la crise du logement devenue humanitaire pourrait être enrayée en multipliant l’offre à un tel niveau. Chiche! Le problème fondamental de cette crise n’a que peu à voir avec l’offre, mais plutôt avec la spéculation. Pour preuve, on compte 25 000 logements vacants à Montréal seulement. Autrement dit, les mises en chantier, lorsque sous la coupe de spéculateurs, ne répondent qu’aux intérêts de ceux qui font du logement une marchandise.
Au Parti communiste, nous luttons pour une vaste mise en chantier de logements sociaux publics aux. Dans l’immédiat et en urgence, nous appelons à un contrôle des loyers à 20% des revenus des ménages, à l’interdiction des Airbnb et de toute location à court terme, à l’obligation des municipalités d’utiliser 100% de leurs terrains publics pour du logement social ou des biens d’équipement utiles (bibliothèques, parcs, terrains de jeu, maisons de la culture, etc.) Nous luttons également contre toute forme d’éviction pour motif économique.
Un tel programme enrayerait la crise humanitaire actuelle en plus de faire du logement un droit garanti en s’attaquant à la source du problème : la spéculation. Le plan de Milliard, quant à lui, semble plutôt se concentrer sur la garantie de juteux contrats aux mafiosi de l’acabit de Lino Zambito moyennant quelques dons à la caisse du Parti et à leur appui…
