Prenant acte de la hausse du salaire minimum à 16,60$ effective depuis le 1er mai, le Parti communiste du Québec s’inquiète du sort des employés touchés par cette mesure dont 56% sont des femmes, 67% sont âgés de 15 à 24 ans et travaillent en majorité à temps partiel.
Certes, la hausse de 3,1% dépasse celle de l’IPC (2,3%). Or, d’une part, cet indice composite ne reflète pas la hausse du cout de la vie réel gonflé par des augmentations de loyer exubérantes (+5,9% recommandés par le Tribunal administratif du logement) et un panier d’épicerie sans cesse plus onéreux (environ mille dollars de plus à débourser pour une famille moyenne en 2026). D’autre part, cette augmentation toute relative ne suffit pas à contrer des décennies de stagnation, voire de réduction des salaires réels. Prétendre que les employés au salaire minimum connaissent une forme de rattrapage salarial relève de l’ineptie.
Au contraire, depuis 4 ans, l’écart se creuse entre un salaire viable et le salaire minimum. Cette année, celui-ci se situe entre 33 721 $ annuels à Trois-Rivières et à 44 780$ à Sept-Iles. À Montréal, il se situe à 41 585$ tandis qu’à Québec, 37 540$ serait le minimum pour s’extraire de la pauvreté. À titre comparatif, un employé au salaire minimum à raison de 35h par semaine gagne 27 647$ par an, soit deux tiers d’un revenu viable moyen.
Quand on constate qu’un peu moins de 5% de la population, bon an mal an, est rémunérée au salaire minimum, on comprend que l’objectif n’est autre que de maintenir dans l’indigence une portion de la classe ouvrière pour faire pression à la baisse sur les salaires.
La marotte des petits commerces
Chaque année, on nous rabâche le fait que l’augmentation du salaire minimum serait maléfique pour les PME. Les petits cafés, restaurants et dépanneurs du coin, petits commerces seraient obligés de mieux rémunérer leurs employés. C’est vrai. Mais d’une part, le véritable problème des petits entrepreneurs a beaucoup moins à voir avec la rémunération qu’avec la monopolisation et la compétition avec les grands groupes monopolistes. D’autre part, à partir du moment où les travailleurs bénéficient d’un revenu disponible plus élevé, ils sont plus à même d’acheter local.
Mais quid de l’inflation?
Au Canada, 20% de la population consomme 70% de la production alors que 80% (donc la classe ouvrière et les masses populaires) n’a accès qu’à 30% de ce qu’elle produit. Or, pour prétendre que l’augmentation des salaires influe directement sur les prix, il faudrait la classe ouvrière consomme ce qu’elle produise, soit une répartition où 50% de la population consomme 50% de ce qui est produit.
Ainsi, augmenter les salaires, à commencer par le salaire minimum, implique uniquement que le patronat mette directement la main au portefeuille. Jamais une augmentation générale des salaires n’a lésé les petites entreprises ni n’a généré de l’inflation. Au contraire, l’économie générale ne s’en est que mieux portée, n’en déplaise aux monopoles et aux actionnaires qui ne peuvent plus presser le citron à souhait…
